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VINEXPO 2009 Le fabuleux héritage des Etrusques |  | | Il y a vingt-sept siècles, ce peuple a laissé une empreinte considérable dans l'histoire viticole. Le nom « vin » dérive d'ailleurs de l'étrusque vinum, issu du grec woinos. Les Etrusques furent les premiers à cultiver la vigne en Italie, leurs crus étaient appréciés en Europe et leurs navires chargés d'amphores sillonnaient la Méditerranée dès le VIIème siècle avant notre ère. Le vin s'échangeait en Gaule contre de l'étain et des fourrures. Les Étrusques ont inventé le commerce international du vin, dont l'archéologie identifie de nombreux vestiges. Les Etrusques (Etruschi ou Tusci) ont laissé leur nom à leur terre, la Toscane ; leur alphabet issu du grec est devenu notre écriture latine. On connaît d'eux des fresques représentant de grands banquets, leur goût pour le plaisir et le vin. Autre caractéristique novatrice de ce peuple, relatée par leurs voisins Grecs et Romains, un principe d'égalité entre hommes et femmes ; contrairement aux traditions des autres peuples de l'époque, les femmes participaient aux banquets et possédaient des biens en leur nom propre. En hommage à cette influence, Vinexpo 2009 consacre une conférence-dégustation à Tarquinio Prisco, Etrusque devenu roi de Rome de 616 à 579 avant notre ère. | | | | Pierrick Bourgault Dégustation le mercredi 24 juin, hall 2 salle 222, à 14.30 heures Dès aujourd'hui, réservez votre place sur www.terroirsditalie.com | Les voies du vin |  | | Depuis des millénaires, la diffusion du vin suit l'évolution des réseaux de transport. Les premières routes du vin furent les fleuves, les itinéraires maritimes et les voies romaines ; aujourd'hui, le cyberespace avec l'information dématérialisée. Ces routes apportent, toujours plus loin et dans de meilleures conditions, les produits du territoire italien. Ces « voies du vin » constituent le thème majeur de la participation de l'Italie à Vinexpo 2009 et offrent l'occasion d'une nouvelle lecture, dans l'espace et le temps, des échanges internationaux. | | | | Tracée par Appius Claudius en 312 av. notre ère, la voie appienne ou « Appia antica » fut la première route pavée d'Europe (dégustation-conférence dimanche 21, de 12 h à 13 h, hall 2, salle 222). La Via Francigena (lundi 22, de 12 h à 13 h) fut ouverte par Jules César et devint le plus court itinéraire entre la Méditerranée et la mer du Nord. Sigéric, archevêque de Canterbury, la parcourut lors de son célèbre pèlerinage vers Rome. L'Antica Aurelia (mardi 23, de 12 h à 13 h) reliait Rome à la France en passant par Vintimille, Aix-en-Provence, Arles… c'est le consul Aurelio Cotta qui l'a fait construire - et non Marc-Aurèle. Dans le sillage d'Ulysse, les routes maritimes du vin seront contées - et dégustées - le mercredi 24, de 12 h à 13 h. Pierrick Bourgault Dès aujourd'hui, réservez votre place pour les conférences-dégustations sur www.terroirsditalie.com | Les vins des monastères et des abbayes |  | | Dès le Moyen Âge les moines ont joué un rôle essentiel dans la culture de la vigne et l'élaboration du vin. Nombreux en Europe sont les monastères ou les abbayes qui en témoignent encore, même si la plupart n'abritent plus de nos jours de congrégations vivantes. Flash back : le monachisme cénobite a été codifié vers 540 par Benoît de Nursie, un italien né en Ombrie en 490. Celui qui a fondé l'ordre des Bénédictins s'installe en 529 au « Monte Cassino » - hélas célèbre pour bien d'autres faits d'histoire ! - et lègue sa règle avant de disparaître en 557. | | | | Puis Benoît d'Aniane renforce cette règle en y prônant notamment le travail manuel. L'ordre des bénédictins prospère ; même trop ! A Cluny, créée en 909 par Bernon, le goût pour l'aisance matérielle l'emporte sur celui de la méditation. Arrive alors en réaction Robert de Molesme qui fonde en 1098 l'Abbaye de Cîteaux. Travailleurs, défricheurs, les cisterciens jettent les bases d'une viticulture moderne. Les plus grands vins d'aujourd'hui peuvent leur rendre grâce ! En Italie peu de moines produisent encore du vin. On en trouve à l'Abbaye de Novacella (Haut-Adige) ou au couvent Muri-Gries (Trentin) par exemple. Mais beaucoup de ces terres monastiques sont encore en vigne, sous l'égide de propriétaires privés. « Abbazia », « Badia », « Convento », « Monastero » en sont quelques clefs de lecture. Et pour revenir au caractère symbolique de la transsubstantiation, quoi de plus métaphorique qu'un vin de messe blanc pour évoquer le sang du Christ ? Raoul Salama Dégustation le mardi 23 juin 2009, hall 2 salle 222, à 14h30. Cliquez ici pour réserver votre place. | Meilleur Sommelier du monde 2000, Olivier Poussier travaille chez Le Nôtre. « Vive la diversité européenne ! » |  | Comment accordez-vous mets et vins italiens ? Olivier Poussier : les vins à définition aromatique issus de cépages autochtones, tels negroamaro, primitivo... qui ont une définition méditerranéenne s'associent aux viandes marinées en sauce, aux viandes de goût, travaillées à la manière de la grande Méditerranée. J'inclus le Liban, l'Afrique du Nord, la Grèce... Sur la partie nord du vignoble italien, avec des raisins à dominante cabernet, on reste classique, viandes rôties, grillées... | | | Et les blancs ? Olivier Poussier : ils sont plus pointus, expriment davantage l'identité d'un terroir. Avec le Franciacorta : viandes blanches, crèmées, ris de veau, poissons nobles. Les blancs du Trentino Alto Adige, issus de pinot blanc ou de malvoisie ou de ribolla gialla donnent des arômes de pêche de vigne, d'abricot, que l'on peut associer aux cuisines méditerranéennes, aux safranées, tomatées, curcumas, raz-el-hanout.... Avec des Picolit tendres, on marie des viandes blanches, des sauces à la crème, des terrines de lapin, de cochon, des viandes pochées. La minéralité des blancs du Piémont tel arneis ou trebbiano épouse les plats gras, légèrement épicés. Les cépages aromatiques tels le vermentino de Ligurie et des côtes de la Toscane appellent la cuisine méditerranéenne. Et avec le curry, les sushis ? Olivier Poussier : avec le curry de poulet, un traminer du Trentino, ou une ribolla gialla du Colli orientali del Friuli. Les sushis s'accordent avec les blancs du Val d'Aoste, ces vins de montagne aux acidités importantes. Et aussi avec des pinot blancs ; l'une des plus grandes réussites de l'Italie, en particulier du Frioul, c'est son pinot blanc. Pour contrecarrer le poisson gras, il faut un blanc minéral, tendu, incisif, non passé en barrique. Avec le foie gras ? Olivier Poussier : seul avec du pain grillé : des blancs tendres ou des rouges à vertus tanniques. Les blancs moelleux se justifient si un chutney de fruits apporte du sucré à côté du foie gras. Lorsqu'un vin rouge touche du sucré, c'est une hérésie ! Donc avec le foie gras-chutney, choisissons un picolit du Frioul, un moscato de Pantelleria ou di Noto... (mais pas le passito, trop sucré). Ou des Recioto della Valpolicella. L'Italie est un grand pays de liquoreux et de moelleux. Avec les fromages ? Olivier Poussier : tous les blancs dotés d'une belle acidité conviennent avec brebis et chèvre. Les blancs tendres, voire moelleux, tels moscato passito di Pantelleria, avec les persillés. Sur un parmesan, le Franciacorta est sublime, on ressent l'acidité du fromage et le minéral du vin. Les vins rouges qui s'accordent avec le fromage sont ceux les moins tanniques. Il ne faut pas manger la croûte, au pénicillium trop amer. Que pensez-vous des accords régionaux, entre vins italiens et cuisine locale ? Olivier Poussier : ils sont légitimes... mais dans leurs limites ! Le Barolo, à mon sens, ne s'accorde jamais avec la truffe blanche aux odeurs alliacées, que l'on associera seulement avec des blancs minéraux. La gastronomie française laisse-t-elle leur place aux vins italiens ? Olivier Poussier : au Pré Catelan, nous proposons une quarantaine de références italiennes. Notre métier est de composer une carte qui représente le monde viticole, en particulier pour notre clientèle internationale. Et aussi car j'éprouve un amour profond pour la diversité européenne. Propos recueillis par Pierrick Bourgault | Italie : la richesse des terroirs |  | | La première dégustation du salon Vinexpo 2009 s'est déroulée le 3 juin à l'Institut culturel italien de Paris, en présence de son Excellence Giovanni Caracciolo di Vietri, Ambassadeur d'Italie. Un hommage officiel, souligné par Michel Bettane « en cette période où les pouvoirs publics et certains médias de France diabolisent le vin.» Leonardo Radicati, directeur de l'Institut Italien pour le Commerce Extérieur à Paris (ICE) qui organisait l'évènement a rendu hommage à la belle diversité des vins et des terroirs d'Italie. | | | | Meilleurs sommeliers du monde, Enrico Bernardo et Olivier Poussier ont commenté la dégustation de six vins d'exception et leurs accords avec la gastronomie. Un Franciacorta a délié les papilles, Olivier Poussier soulignant que cette appellation de prestige exige « un rendement maximum de 9 000 kg/ha et un élevage sur lie d'au moins 18 mois », d'où la qualité de ce spumante peu dosé en sucre (3,5 g résiduel dans cet échantillon). Second vin, un mythique Sassicaia issu de cabernet sauvignon (85 %) et de cabernet franc (15 %) donna l'occasion de passionnants débats sur cépages et terroirs. Le Colli di Salerno Rosso, également à majorité de cabernet sauvignon, offrit à la fois fraîcheur et fruits mûrs. Autre extrême géographique, un IGT des Dolomites présenta de superbes arômes végétaux qu'Enrico Bernardo a voulu mettre en avant, « alors que d'habitude on les condamne. Ce vin exprime la complexité et l'élégance » ; Michel Bettane apprécia d'y retrouver « la fraîcheur des nuits et la lumière des jours des Dolomites ». Entre velours et soie, le Barbaresco fut caressant en bouche, avec une superbe trame tannique. Enfin, dessert à lui seul, aux arômes orientaux d'orange caramélisée, de pain d'épices, un Passito de Pantelleria pur et solaire vint clore ce mémorable voyage dans les terroirs d'Italie. Bellavista, Riserva Vittorio Moretti, Franciacorta DOCG 2001 Tenuta San Guido, Sassicaia, Bolgheri DOC, 2004 Montevetrano, IGT Colli di Salerno Rosso, 2005 Tenuta San Leonardo, San Leonardo, IGT Vigneti delle Dolomiti Rosso 2004 Angelo Gaja, Barbaresco DOCG 2004 Donnafugata, Ben Rye, Passito di Pantelleria DOC 2007 Pierrick Bourgault | | | | |
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