Feuillet interactif
Découvrez les huiles d'olives extra vierges grâce à cette impression numérique dans laquelle vous pouvez tourner les pages avec la souris.
Amusez-vous bien!
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L’année d’un olivier
Comme pour la vigne, la taille stimule la production de fruits et facilite
leur récolte. Autre objectif : ôter des branches afin que l’air circule mieux
et limiter ainsi maladies fongiques et traitements phytosanitaires. Cette
méthode se pratique en particulier dans les oliveraies biologiques.
Les feuilles se renouvellent tous les deux ou trois ans. Seuls les rameaux
d’un an donnent des fleurs hermaphrodites, à la fois mâles et femelles.
Elles s’autofécondent parfois mais la fécondation intervient surtout
grâce au vent. Moins de 3 % des fleurs deviendront fruits, olives vertes
s’assombrissant en septembre.
La récolte des olives
C’est un fruit d’hiver, cueilli de mi-octobre à janvier. À l’automne, les olives
vertes donnent un peu d’huile aux saveurs intenses. L’hiver venu, les olives
à maturité produisent une huile moins parfumée, au goût de fruit mûr,
mais en plus grande quantité. Le savoir-faire de l’oléiculteur consiste à élaborer
une huile équilibrée avec des olives à maturité intermédiaire ou en
assemblant différentes variétés de maturités décalées. Analogues aux vins
monocépage, les huiles monocultivar italiennes sont également fort appréciées.
Avant de déclencher la récolte, certains producteurs testent une petite
quantité d’olives. Ces dates sont déterminées par le Consortium de chaque
Appellation. En Italie, la cueillette manuelle, une olive après l’autre, s’effectue
seulement pour celles de table, pour les huiles d’exception et dans le
cas fréquent des petites récoltes familiales. Le plus souvent, les cultivateurs
gaulent les grands arbres avec une perche de bois, passent sur les branches
des peignes métalliques, leurs mains nues ou garnies de doigtiers en métal.
Les fruits tombent sur une toile ou sur des filets. Il existe aussi des méthodes
mécaniques, des vibreurs-secoueurs, des machines pour brosser et peigner
les rameaux. Le talent de l’ouvrier consiste à récupérer toutes les olives sans
les abîmer ni blesser l’arbre. La main d’oeuvre forme le coût le plus important
dans l’élaboration de l’huile italienne, mais c’est justement ce savoir-faire qui
lui donne toute sa valeur.
Dès la cueillette, la course contre la montre démarre. Le pressage doit s’effectuer
le plus vite possible afin d’éviter toute fermentation et dégradation de
la récolte. C’est pourquoi l’oliveraie doit être située près du moulin à huile.
Qualité rime avec proximité, et donc avec production locale. En attendant
le moulin, les olives reposent dans de petites cagettes en plastique, au frais,
voire même dans un entrepôt réfrigéré et ventilé, en couches d’au plus 10
cm d’épaisseur afin qu’elles ne s’échauffent pas. Un olivier commence à
produire une quantité significative de fruits vers l’âge de 12 ans. Il atteint
sa pleine maturité entre 15 et 30 ans. Ensuite, la récolte devient aléatoire.
L’Italie cultive 225 millions d’oliviers sur plus d’un million d’hectares et en
extrait plus de 600 000 t d’huile chaque année, soit une moyenne de 3 litres
d’huile par olivier. Ce chiffre théorique cache une grande variabilité selon
régions et variétés : chaque arbre produit quelques dizaines de kg de fruits
mais certains oliviers immenses donnent 400 kg par an.
source des chiffres : http://faostat.fao.org
Comment naît l’huile d’olive ?
Par un frais matin d’automne, suivons l’itinéraire des olives. Aussitôt
livrées au moulin, elles sont triées et nettoyées. Les feuilles riches en
chlorophylle, qui donneraient un goût amer à l’huile, sont ôtées (certains
maîtres mouliniers italiens en laissent parfois volontairement quelques-
unes, pour une question de style personnel). Un courant d’eau
froide lave les fruits des poussières et de la terre avant séchage.
Broyage et malaxage
Un broyeur à meules ou à marteaux écrase les olives. La roue de pierre
traditionnelle est souvent
remplacée par des
broyeurs modernes
étanches à l’air et à la
lumière. Pour éviter toute
oxydation et mieux
préserver les arômes,
l’acier inox a supplanté
le granit et le bois dans
de nombreux moulins
d’Italie. Les huiliers qui
poursuivent la tradition de la meule de pierre redoublent d’attention
afin que leur travail soit aussi soigneux que possible.
Ensuite, pulpe et noyaux triturés deviennent une pâte dont le malaxage
rassemble les gouttelettes d’huile microscopiques en gouttes plus
grandes. Les noyaux drainent l’écoulement de l’huile, raclent la pâte et
apportent une saveur particulière et des micro-éléments nutritifs. Certains
maîtres huiliers ôtent les noyaux, là aussi il s’agit d’une signature
personnelle.
De l’olive à l’huile fraîche
Le moulinier étale la pâte sur des disques filtrants en fibres appelés
scourtins, intercalés avec des disques métalliques. Sous forte pression
(jusqu’à 400 atmosphères) le jus appelé moût, en référence avec le
pressage du raisin, s’écoule de la pile. Deux autres méthodes d’extraction
sont pratiquées : la centrifugation, où la vitesse de rotation sépare
les éléments de poids spécifiques différents et la sinolea qui sort les
corps gras du milieu aqueux en utilisant l’adhérence de l’huile sur des
lames d’acier.
Ce jus n’est pas de l’huile pure mais un mélange d’huile et d’eau, à
séparer (par décantation ou centrifugation) puis filtrer. Goûter l’huile à
ce stade constitue une expérience très intense.
Un pur jus de fruits
Une olive mûre contient de l’eau (35 à 50 %), de l’huile (15 à 30 %) et
de nombreuses substances végétales (sucres, lignine, cellulose, protéines,
phénols, pigments, cires, résines...). Parmi ces milliers de molécules
issues de la vie, les plus volatiles donnent à l’huile ses parfums et sa saveur.
Les antioxydants, polyphénols et flavonoïdes sont étudiés par les
chercheurs en sciences de la nutrition et en médecine pour leurs vertus
protectrices du système cardiovasculaire.
Toujours pratiquée pour l’huile d’olive extra vierge italienne, cette « pression
à froid » s’effectue à moins de 27°. Une température plus élevée
pourrait extraire davantage d’huile, mais risquerait de détériorer les saveurs
et les qualités nutritives, en particulier ses précieux antioxydants.
Ainsi, l’huile d’olive extra vierge italienne est un pur jus de fruits obtenu
par la pression mécanique, contrairement aux huiles de graines (arachide,
colza, tournesol...) extraites par des solvants chimiques (sauf si
l’étiquette de ces huiles précise « première pression à froid »).
Tous ces soins attentifs apportés par le
cultivateur, puis au moulin, justifient
le prix d’une bouteille d’huile d’olive
extra vierge italienne, et la savoureuse
expression d’un oléiculteur : «
Les gens achètent une bouteille de
vin à 15 €, vidée en un repas, mais ils
hésitent devant une bouteille d’huile
d’olive qui va durer un mois pour le
même prix ! »
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